" Nous ne voulons pas le pouvoir, nous voulons pouvoir" Sub-commandante Marcos
 
Collectif Viva Zapata
la situation actuelle au Mexique
le projet "Semillita del sol"

le café zapatiste

résumé activités
1999-2001

 

PROJET D’EDUCATION “SEMILLITA DEL SOL”


L’éducation au Chiapas
Le système éducatif au Chiapas est le plus médiocre de tout le Mexique. Dans tous les rapports officiels, cet Etat occupe la dernière place. Plus de la moitié de la population n’atteint pas la troisième année de l’enseignement de base. La plupart des écoles n’offrent que quatre degrés. Mais il ne s’agit pas seulement du manque d’écoles ou d’instituteurs. Les communautés indigènes expriment constamment des critiques à l’égard du système éducatif: l’absentéisme, voire l’alcoolisme des instituteurs d’Etat, leur immixtion dans les affaires internes des communautés, leur manque de respect vis-à-vis des cultures et des langues locales, leur inefficacité pédagogique, la banalité et le manque de pertinence des contenus qu’ils enseignent. A ceci s’ajoutent les punitions corporelles qu’ils infligent aux élèves ainsi que les abus sexuels (que subissent aussi les femmes) et l’argent qu’ils perçoivent, malgré le droit théorique à l’éducation gratuite. Tous les projets éducatifs d’origine gouvernementale sont des projets externes, inadaptés à la population indigène. Une remise en question en profondeur de l’enseignement est ressentie par les communautés comme urgente et prioritaire. La guerre de basse intensité a aggravé la situation. Beaucoup d’écoles sont abandonnées ou fonctionnent irrégulièrement. Les camps de l’armée et les patrouilles militaires empêchent l’accès aux rares services scolaires. Dans ces conditions, le degré d’analphabétisme est très élevé. De plus, l’éducation est encore soumise à l’espagnolisation.

Le projet
Les revendications zapatistes sont les suivantes : Terre, Logement, Travail, Alimentation, Santé, Éducation, Culture, Indépendance, Démocratie, Liberté et Justice.
En ce qui concerne l’éducation, les communautés indigènes ont pris l’initiative de former leur propre organisation éducative comme élément prioritaire du processus de construction d’autonomie. A cet effet, elles refusent les initiatives gouvernementales, inadaptées à leurs valeurs. Les communautés veulent organiser l’éducation selon leur mode de vie communautaire et démontrer qu’elles sont capables de construire une éducation différente, de qualité, ouverte à toutes et tous. C’est de cette volonté qu’est né le projet Semillita del Sol qui prend soin de ne pas commettre les mêmes erreurs que le système éducatif officiel. Il s’agit donc de susciter un processus culturel et éducatif étroitement lié aux réalités locales. Il est donc pensé et repensé par toutes les parties concernées: communautés, mères, pères, ancien-nes, enfants, formatrices-teurs, expert-e-s en pédagogie, etc.

Le Collectif Viva Zapata jumelé à la communauté d’Amador Hernandez
Le projet d’éducation Semillita del Sol a tout de suite intéressé notre collectif. En effet, le projet implique un jumelage permettant d’établir avec une communauté des relations personnalisées, ce qui nous a semblé une bonne formule.
En l’an 2000, nous avons versé une première contribution à Semillita del Sol. Dès lors, notre collectif a été jumelé à la communauté d’Amador Hernandez. Ce village est situé à l’entrée de la forêt Lacandone ses habitants, descendants des Mayas, appartiennent à l’ethnie Tzeltal. Au rythme de la construction de l’école nous avons continué à verser de l’argent. En avril 2000, un premier membre actif s’est rendu sur place pour créer un premier contact, alors que les travaux n’étaient pas encore engagés. En été 2001, une autre membre active du collectif s’est rendue dans la communauté. Elle a pu observer l’avancement des travaux, malgré quelques retards dûs au « planton » de l’armée sur les terres de la communauté. En effet, durant une année la communauté d’Amador Hernandez a affronté les hostilités des forces gouvernementales qui y avaient établis un camp militaire.
L’été dernier, le collectif a reçu un compte rendu de la situation financière : factures et des photos de l’école. La construction des trois pavillons a été terminée. Les enfants peuvent enfin suivre régulièrement les cours !
Dorénavant nous verserons chaque année l’argent nécessaire au bon fonctionnement de l’école : matériel scolaire et collation pour les élèves.

Rappelons que ce projet est au bénéfice direct des 100 écoliers de la communauté qui reçoivent une éducation pertinente et respectueuse de leur culture, ainsi que des membres de la communauté formés comme promoteur d’éducation. De plus, en bénéficie indirectement toute la communauté.
Amador Hernandez souhaite, en outre, créer une bibliothèque à disposition de tous, développer des cours pour adultes, et construire un jardin potager.
L’argent versé à la communauté a été récolté par différents moyens : fêtes, ventes et dons.
Encore un grand merci!

Nous souhaitons dans la mesure du possible construire d’autres écoles. Nous sommes déjà associés à deux collectifs zapatistes (Jura et Douvaine) pour soutenir la construction de deux autres écoles dans les communautés de Babylonia et de El Progreso.