| PROJET D’EDUCATION
“SEMILLITA DEL SOL”
L’éducation
au Chiapas
Le système éducatif au Chiapas est le
plus médiocre de tout le Mexique. Dans tous les
rapports officiels, cet Etat occupe la dernière
place. Plus de la moitié de la population n’atteint
pas la troisième année de l’enseignement
de base. La plupart des écoles n’offrent
que quatre degrés. Mais il ne s’agit pas
seulement du manque d’écoles ou d’instituteurs.
Les communautés indigènes expriment constamment
des critiques à l’égard du système
éducatif: l’absentéisme, voire l’alcoolisme
des instituteurs d’Etat, leur immixtion dans les
affaires internes des communautés, leur manque
de respect vis-à-vis des cultures et des langues
locales, leur inefficacité pédagogique,
la banalité et le manque de pertinence des contenus
qu’ils enseignent. A ceci s’ajoutent les
punitions corporelles qu’ils infligent aux élèves
ainsi que les abus sexuels (que subissent aussi les
femmes) et l’argent qu’ils perçoivent,
malgré le droit théorique à l’éducation
gratuite. Tous les projets éducatifs d’origine
gouvernementale sont des projets externes, inadaptés
à la population indigène. Une remise en
question en profondeur de l’enseignement est ressentie
par les communautés comme urgente et prioritaire.
La guerre de basse intensité a aggravé
la situation. Beaucoup d’écoles sont abandonnées
ou fonctionnent irrégulièrement. Les camps
de l’armée et les patrouilles militaires
empêchent l’accès aux rares services
scolaires. Dans ces conditions, le degré d’analphabétisme
est très élevé. De plus, l’éducation
est encore soumise à l’espagnolisation.
Le projet
Les revendications zapatistes sont les suivantes : Terre,
Logement, Travail, Alimentation, Santé, Éducation,
Culture, Indépendance, Démocratie, Liberté
et Justice.
En ce qui concerne l’éducation, les communautés
indigènes ont pris l’initiative de former
leur propre organisation éducative comme élément
prioritaire du processus de construction d’autonomie.
A cet effet, elles refusent les initiatives gouvernementales,
inadaptées à leurs valeurs. Les communautés
veulent organiser l’éducation selon leur
mode de vie communautaire et démontrer qu’elles
sont capables de construire une éducation différente,
de qualité, ouverte à toutes et tous.
C’est de cette volonté qu’est né
le projet Semillita del Sol qui prend soin de ne pas
commettre les mêmes erreurs que le système
éducatif officiel. Il s’agit donc de susciter
un processus culturel et éducatif étroitement
lié aux réalités locales. Il est
donc pensé et repensé par toutes les parties
concernées: communautés, mères,
pères, ancien-nes, enfants, formatrices-teurs,
expert-e-s en pédagogie, etc.
Le Collectif Viva Zapata jumelé
à la communauté d’Amador Hernandez
Le projet d’éducation Semillita del Sol
a tout de suite intéressé notre collectif.
En effet, le projet implique un jumelage permettant
d’établir avec une communauté des
relations personnalisées, ce qui nous a semblé
une bonne formule.
En l’an 2000, nous avons versé une première
contribution à Semillita del Sol. Dès
lors, notre collectif a été jumelé
à la communauté d’Amador Hernandez.
Ce village est situé à l’entrée
de la forêt Lacandone ses habitants, descendants
des Mayas, appartiennent à l’ethnie Tzeltal.
Au rythme de la construction de l’école
nous avons continué à verser de l’argent.
En avril 2000, un premier membre actif s’est rendu
sur place pour créer un premier contact, alors
que les travaux n’étaient pas encore engagés.
En été 2001, une autre membre active du
collectif s’est rendue dans la communauté.
Elle a pu observer l’avancement des travaux, malgré
quelques retards dûs au « planton »
de l’armée sur les terres de la communauté.
En effet, durant une année la communauté
d’Amador Hernandez a affronté les hostilités
des forces gouvernementales qui y avaient établis
un camp militaire.
L’été dernier, le collectif a reçu
un compte rendu de la situation financière :
factures et des photos de l’école. La construction
des trois pavillons a été terminée.
Les enfants peuvent enfin suivre régulièrement
les cours !
Dorénavant nous verserons chaque année
l’argent nécessaire au bon fonctionnement
de l’école : matériel scolaire et
collation pour les élèves.
Rappelons que ce projet est au bénéfice
direct des 100 écoliers de la communauté
qui reçoivent une éducation pertinente
et respectueuse de leur culture, ainsi que des membres
de la communauté formés comme promoteur
d’éducation. De plus, en bénéficie
indirectement toute la communauté.
Amador Hernandez souhaite, en outre, créer une
bibliothèque à disposition de tous, développer
des cours pour adultes, et construire un jardin potager.
L’argent versé à la communauté
a été récolté par différents
moyens : fêtes, ventes et dons.
Encore un grand merci!
Nous souhaitons dans la mesure du possible
construire d’autres écoles. Nous sommes
déjà associés à deux collectifs
zapatistes (Jura et Douvaine) pour soutenir la construction
de deux autres écoles dans les communautés
de Babylonia et de El Progreso.
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