" Nous ne voulons pas le pouvoir, nous voulons pouvoir" Sub-commandante Marcos
 
Collectif Viva Zapata
la situation actuelle au Mexique
le projet "Semillita del sol"

le café zapatiste

résumé activités
1999-2001

 

L’ ÉVOLUTION DE LA SITUATION AU MEXIQUE, POINT DE VUE DES INDIGÈNES

De l’horreur économique à la violence institutionnelle :

Depuis la défaite historique du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnelle) et l’entrée en fonction du nouveau président, Vicente Fox du PAN (Parti d’Action Nationale) en décembre 2000, les attentes populaires et indigènes de changement ont été constamment déçues. Tout est à vendre au Mexique !

Comme prévu, Fox s’est illustré par son zèle néolibéral : aux conséquences désastreuses de l’ALENA [1] (crise agricole frappant de plein fouet les petits producteurs de maïs et de café – développement des maquiladoras aux frontières – émigration accrue) s’ajoutent sans répit des projets de nouvelles privatisations : eau, électricité, pétrole, parcs naturels, sites archéologiques, etc., ceci dans le contexte des méga-projets continentaux prévus par le PPP (Plan Puebla – Panama), lui-même conçu en vue de la concrétisation de la Zone de Libre Echange des Amériques (ZLEA).

Ces projets se heurtant à une vive résistance, parfois avec succès, le climat politique de répression est redoublé. Les groupes du genre paramilitaire s’installent un peu partout, la militarisation a augmenté, la violence institutionnelle s’est encore durcie, se concentrant surtout dans les États où survit 80% de la population indigène.

De l’horreur juridique à la construction de l’autonomie :

Le conflit armé n’est donc pas résolu. La promesse de rendre justice aux 62 peuples indigènes mexicains – dont ceux du Chiapas, qui avaient réveillé le Mexique entier par leur soulèvement en 1994 – n’a pas été tenue. Il n’y a pas eu de « fin heureuse » à la « Marche pour la Paix » des zapatistes sur Mexico en mars 2001 : les accords de San Andrés sur les droits indigènes, signés en 1996 entre les zapatistes et le gouvernement, n’ont pas été suivis des modifications constitutionnelles nécessaires à leur mise en pratique. En revanche, suite à diverses stratégies retorses, c’est une « Loi Indigène » inacceptable qui a été approuvée en 2001 par le Congrès mexicain : celle-ci nie notamment les droits à l’autonomie et à la propriété et usage des ressources naturelles. Vu le contexte brutalement néolibéral qui caractérise le Mexique, cette loi est entrée en vigueur sans consultation des premiers intéressés, en violation flagrante de l’article 169 de l’OIT qui garantit le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

A cette gifle juridique, les indigènes, et particulièrement les zapatistes du Chiapas, ont répondu par la dignité d’un long silence, mais un silence actif. Le CNI (Congrès National Indigène) a travaillé à resserrer les liens entre les ethnies. Présent en force à Cancun en septembre dernier, il a dénoncé la sauvagerie des politiques de globalisation capitalistes imposées par l’OMC.

Parallèlement, s’opposant par l’action constructive à la « Loi Indigène », plusieurs ethnies s’attachent maintenant à définir et mettre en pratique des formes d’autonomie, s’arrogeant le droit légitime d’appliquer les Accords de San Andrés. Au Chiapas, la réflexion sur l’autonomie a débouché sur de nouvelles formes complexes d’organisation des communautés : les caracoles (escargots).

Les autonomies en sortent renforcés, de même que leur coordination. Et la grand nouveauté, c’est qu’elles se vivent désormais hors de la clandestinité, que la résistance est devenue publique et ouverte, comme une sorte de victoire.

Collectif Viva Zapata - Maison des Associations - 15 rue des Savoises - 1205 Genève - E-Mail: vivazapataginebra@yahoo.com.mx - Compte postal: 12-17077-9

[1] Accord de Libre Échange Nord Américain (Canada – USA – Mexique) , entré en vigueur le 1er janvier 1994.