| La lecture divinatoire dans les feuilles de thé est une pratique millénaire en Extrême-Orient. En Chine et au Japon, le thé accompagne depuis toujours les exercices de méditation (voir Zen): Ainsi, le célèbre Cha King ou Classique du thé de Lu Yu (VIIIe siècle ap. J.-C.) se réfère-t-il au taoïsme, au confucianisme et au bouddhisme. Apres la cérémonie du thé - qui est déjà en soi un acte de méditation la configuration des feuilles au fond du bol est censée refléter un certain état du monde a un instant précis: pour décrypter l'oracle, on se réfère a tout un répertoire de formes qui ont valeur de symboles, un peu a la façon des trigrammes et hexagrammes du Yi King ou Livre des mutations, manuel divinatoire devenu un des << Six Classiques >> de la sagesse chinoise. Thé East India Company Book of Tea (1994) cite un texte du début du siècle racontant comment la voyance dans les feuilles de thé est devenue une distraction mondaine en Occident. L'auteur ajoute, avec un pointe d'humour, qu'en ce qui le concerne, il peut déjà prédire que l'avènement du thé en sachet provoquera la ruine de cette branche si particulière de l'art divinatoire. |
Le thé fut l'ambassadeur le plus efficace du bouddhisme en
Extrême-Orient. La dégustation du thé vert* en poudre (Matcha) a été introduite au Japon au XIIie siècle, par
des moines bouddhistes qui avaient fait leurs études dans les monastères chinois de la secte chan
(zen* en japonais). Le thé soutenait les moines dans leurs exercices de méditation et leur servait de remède.
Cependant, dans le Japon du xlve siècle, le succes du thé dépassa de loin celui du zen: il accompagnait des
repas raffines,
servis dans des cadres luxueux, e donnait lieu a des concours de dégustations sur lesquels les parieurs
engageaient des somme énormes. A la fin du XVe siècle le grand prêtre zen Murat; ShukB (1422-1502) réussit,
rendre a la pratique du thé Son authenticité spirituelle: prépare' avec un nombre réduit d ustensiles, tous
d'origine populaire, i était servi dans une pièce d'apparence modeste. Au XVIe siècle Takeno Jo-o (1502-1555)
pour suivit dans cette direction en établissant un style de cérémonie du thé. Le wabi en accord avec
les préceptes zen. Son disciple Sen Rikyu (1522-1591) écrivit:
.. Le thé n'est rien d'autre que ceci: Faire chauffer de l'eau, préparer le thé, Et le boire convenablement.
C'est tout ce qu'il faut savoir.
Sen Rikyu ordonna la cérémonie du thé autour de quatre principes fondamentaux, qui sont l'harmonie, le respect,
la pureté et la sérénité. C'est cette pratique que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Voie du thé
LA BONNE AVENTURE PEUT SE LIRE DANS LE THÉ
Qui vient... quand ?
Selon une aimable légende, si lorsqu'on verse le thé dans la tasse, une petite feuille, une seule, s'échappe
de la passoire et flotte à la surface, c'est le signe que quelqu'un arrive. Un hôte imprévu ? Un ami à qui
l'on ne pensait plus depuis longtemps ? Posez délicatement cette petite feuille vagabonde sur le dos de votre
main et frappez-la avec la paume de l'autre jusqu'à ce qu'elle "disparaisse" -c'est-à-dire jusqu'à ce qu'elle
se colle au creux de l'autre main. Le nombre de coups nécessaires indique le nombre de jours qui vous sépare de
l'arrivée du mystérieux visiteur...
Prédire l'avenir
Ne laissez pas infuser trop longtemps, car le thé sera très corsé, buvez-en quelques gorgées puis débarrassez-vous
du liquide en excès en ne laissant que quelques gouttes avec les feuilles. Renversez ce qui reste d'un coup sec sur une assiette creuse de céramique blanche et... examiner attentivement la façon dont les feuilles humides se sont disposées sur l'assiette. Un dessin assez net peut s'être formé, mais le plus souvent il vous faudra interpréter la disposition des feuilles, en faisant appel à votre imagination. Voici les principales significations des "figures du thé":