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Optique contemporaine de l'acupuncture

 

L'acupuncture a été longtemps une médecine parallèle, c'est-à-dire non reconnue et sans statut. La grande majorité du corps médical se contentait de lui reconnaître un effet placebo. Dans le grand public, les gens « croyaient » ou «• ne croyaient pas » à l'acupuncture. Celle-ci était donc exercée soit par des médecins (à leur propre risque) formés par un enseignement privé, dispensé en plusieurs écoles rattachées à une association, soit par des empiriques.

 

Types d'activités de l'acupuncture

L'action de l'acupuncture semble s'exercer sur la plupart des phénomènes physiologiques, qui sont sous la dépendance du système nerveux. On peut donc espérer obtenir une action sur la douleur, sur les phénomènes contrôlés par les systèmes ortho et parasympathiques, etc.

L'action sur la douleur est extrêmement importante et apparaît supérieure à celle des antalgiques d'usage courant *. C'est ainsi que près de 60 % des consultations d'acupuncture dans les pays occidentaux concernent les affections rhumatismales de l'appareil locomoteur, qui sont particulièrement douloureuses, très invalidantes pour le sujet atteint et quelquefois rebelles aux thérapeutiques antalgiques.
Il ne faut pas omettre comme conséquence de cette activité sur la douleur, la suppression des phénomènes réflexes qui l'accompagnent, tels le relâchement des contractures musculaires réflexes des fibres musculaires striées ou la levée des spasmes des fibres musculaires lisses.
L'action sur les phénomènes contrôlés par les systèmes ortho et para-sympathique et, en particulier, sur les fibres nerveuses musculaires lisses peut concerner
- l'appareil digestif (estomac, pylore, anus ; troubles de la motricité) ;
- l'appareil urinaire (troubles de la miction) ; - l'appareil génital (absence de contractions utérines au moment où l'utérus est susceptible de se contracter) ;
- les muscles bronchiques (traitement de l'asthme) ;
- les vaisseaux sanguins ; l'action de l'acupuncture sur les phénomènes de vaso-constriction et de vaso-dilatation paraît expliquer en partie l'activité de l'acupuncture dans certaines affections inflammatoires (stomatite, rhinite, conjonctivite) ou non inflammatoires (stase sanguine lors de compression du canal médullaire, à l'occasion de hernies discales) ;
- les sécrétions glandulaires exocrines.
L'acupuncture peut avoir d'autres actions, comme par exemple
- une activité en cas de coma (oxygénation cérébrale ?) ou en état de choc sur la dépression du centre respiratoire (réanimation) ;
- une activité sur les phénomènes convulsifs ; - une meilleure restitution de la motricité lors de phénomènes paralytiques ;
- une activité «trophique » (ulcères, escarres, cicatrisation des plaies) ;
- une activité sur certains réflexes (toux, vomissements) ;
- une activité sur le sommeil ; - une activité sur l'appétit ;
- une activité sur la régulation thermique de la température (coup de chaleur, fortes fièvres, etc.) ;
- une activité sur certains troubles hormonaux contrôlés par le système nerveux central (troubles des cycles sexuels de la femelle) ;
- une activité sur certaines inhibitions psychiques (impuissance par exemple) ;
- une activité sur l'« humeur».
Au plan pratique, on peut considérer qu'une séance d'acupuncture se présente comme une prise médicamenteuse. Le plus souvent l'activité antalgique est instantanée. La durée d'activité dépend surtout de la nature du processus à traiter.
Les affections aiguës nécessitent des séances rapprochées (24 heures), les affections chroniques des séances plus espacées (tous les 3, 5 ou 7 jours, par exemple).

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Théories traditionnelles

Pour information, un résumé des théories de la médecine traditionnelle chinoise n'est pas inutile.

Le point est littéralement un « puits » (xue, mot chinois qui désigne le point, signifie « puits»). Ce puits permet d'accéder en profondeur à un canal qui est un méridien (jing) proprement dit. Dans ce canal circulent deux entités. L'une est yang, immatérielle et mobile : c'est l'« énergie » ou le « souffle » (qi, prononcer tchi). L'autre est yin, matérielle, passive, entraînée dans sa circulation par la précédente : c'est le sang (xie). La douleur locale est due à une accumulation et à une stagnation de l'énergie.
Chaque canal (méridien) est relié à un viscère. II y a douze canaux.
Les viscères peuvent être yin, c'est-à-dire pleins, ayant une fonction de stockage de l'énergie et du sang, ou yang, creux, ayant surtout une fonction de passage.
Les premiers sont  organes » yin (zang) ; ils sont au nombre de cinq : le coeur, le poumon, la rate, le foie, le rein. L'enveloppe (on traduit souvent par « le maître ») du cœur assiste le cœur. Les seconds sont « entrailles » yang (In), au nombre de six : l'intestin grêle, le gros intestin, l'estomac, la vésicule biliaire, la vessie et les « trois foyers » (entraille supplémentaire qui a un nom, mais pas de forme). Sang et énergie parcourent l'organisme en 24 heures ; ils circulent dans les douze viscères et dans les méridiens qui leur sont rattachés (une heure chinoise par méridien, la journée chinoise comprenant autrefois 12 heures ). Ces douze méridiens n'ont jamais été figurés dans les ouvrages vétérinaires anciens qui admettent toutefois leur existence et celle des viscères traditionnels.
La pathologie chinoise est celle du sang et de l'énergie qui peuvent être séparément ou ensemble en excès ou en insuffisance dans l'ensemble de l'organisme ou seulement dans un viscère et son méridien. On parle de « plénitude » (excès) ou de «vide » de l'énergie. Lorsqu'un viscère seul est affecté, on parle de « plénitude » ou de «vide» du cœur, du poumon, du foie, etc. Si le sang est concerné, on l'indique nommément afin de préciser. Plénitude ou vide se traduisent par des symptômes particuliers (le vide de la rate se traduit par de la diarrhée ; la plénitude du foie par de la conjonctivite et des maux de tête, etc.). Afin de rétablir la circulation de l'énergie, on «disperse » l'énergie lorsqu'elle est en excès, on la « tonifie » en cas de vide.
Basée sur des observations de sémiologie fine et l'application de lois spécifiques, à partir de concepts théoriques (concepts de yin et de yang ; théorie des cinq éléments), en utilisant un mode de raisonnement analogique.